Les fukubukuro

Le mot 福袋  (fukubukuro) est composé de deux kanji : 福 (fuku, qui se traduit par chance ou bonheur) et 袋 (fukuro qui signifie sac). Attention, la première lettre du second kanji change de « f » à « b », transformation habituelle sur des mots composés de plusieurs kanji.

Présentation :
Reportage Fukubukuro, Kyo'hon Manga CaféLes fukubukuro sont des sacs  surprises, vendus entre le 1er et le 3 janvier (parfois jusqu’au 5) durant l’ 初売り (hatsuuri), qui désigne les premières ventes de l’année. Ils contiennent des marchandises, en rapport avec la boutique, soldées généralement à moitié prix, mais surtout des objets de déstockages. Plus vous achetez un fukubukuro cher et plus vous avez de chance de tomber sur des objets de valeur. Il faut aussi savoir que, depuis quelques années maintenant, des services et objets volumineux peuvent être trouvés à l’intérieur. Pour ces derniers, mais aussi pour les sacs de très grosses valeurs, les boutiques dressent une liste du contenu des sacs, disponible pour les acheteurs. Ainsi, ces dernières années des records de ventes ont fait l’objet de nombreux articles et reportages ! En plus des habits, accessoires et maquillages habituels, certaines boutiques de luxe proposent des diamants, des voyages, des tours en limousines, … !

Les origines :
Les premières ventes de fukubukuro remontent aux années 1800, lorsque l’entreprise Nihonbashi, un grand nom dans l’industrie du textile et des kimono, décide de vendre ses stocks démodés, à moindre coût et de façon aléatoire, lors du festival d’Ebisu, en début du mois de novembre. Le succès fut fulgurant car tout parti en quelques minutes à peine !
Le phénomène s’est renouvelé pour ce fameux festival, mais aussi pour celui du jour de l’an. Il s’est propagé puis répandu, jusqu’à ce qu’il fasse parti des « traditions » reconnues, au cours de l’ère Meiji. De nombreuses preuves écrites de ventes mais aussi d’annonces publicitaires, marquent l’introduction de ce système de vente atypique.
Pendant très longtemps, les fukubukuro ont donc eu le nom de « sacs d’Ebisu », cependant, c’est le géant du commerce Ginza Matsuya Department Store, qui aurait donné le nom de fukubukuro, tout en le mettant en place à partir du 1er janvier uniquement.

Au-delà de cet aspect purement financier, il existe aussi deux idéaux qui ont permit aux fukubukuro de se tailler rapidement une place dans les coutumes du pays.
Le premier, pour les commerçants, et l’adage qui dit que (traduction littérale de l’anglais désolée ! Impossible de mettre la main sur la phrase exacte en japonais m(_ _)m) « il ne faut pas commencer une nouvelle année avec des choses (poubelles) non désirées de l’année se terminant et la commencer en nettoyant », d’où le déstockage massif plus que les produits soldés !
Le second, pour les acheteurs, il existe une superstition évoquant un sac mystérieux qu’un Kami posséderait au début de l’année, censé apporter de la chance pour l’année.

De nos jours:
Reportage fukubukuro, Kyo'hon Manga CaféL’effet de mode, la mondialisation et le capitalisme, en plus bien évidemment de l’excitation de découvrir le contenu des sacs, font que les fukubukuro sont de plus en plus populaires. (Ils commencent même à s’exporter dans les pays voisins, et même chez nous! (Et oui, même le Manga Café a préparé des fukubukuro =p)).
Certaines grandes marques voient des gens passer des heures devant les portes de leurs boutiques, bien avant l’ouverture des portes, afin d’être sûres d’obtenir un sac. Sans aller jusqu’à la sauvagerie des américains, la ruée des fukubukuro ressemble progressivement à celle du Black Friday.

Il existe cependant des sacs contenant vraiment que des objets désuets, invendus depuis des années. Ceux-ci possèdent même leur propre désignation ! Les 不幸袋 (fukôbukuro), littéralement les sacs de la malchance voir même les 憂鬱バッグ (Yûutsubag) les sacs de la dépression !! (comme par exemple obtenir un sac ne proposant que des câbles inutiles ou logiciels désuets, comme il est arrivé pour ce monsieur =p).

Pour passer devant leurs concurrents, certains ont élargis le concept pour en faire des お年玉袋 (o-toshidamabukuro) qui se traduit par « sac d’étrennes », à la vente au 31 décembre.
De façon bien plus large, le concept des sacs surprises a été repris pour des jeux tv, ou même par des stars, en cadeaux pour leurs fans. Il existe même une machine à 1000yen, distribuant des fukuburo de marques totalement aléatoires !